LE PARCOURS DU COMBATTANT

DE LA GUERRE 1914-1918

AU DETOUR DES JMO (8)

Accidents de grenades


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Le rappeler à certains collectionneurs, aux promeneurs qui ramassent des souvenirs est important : les munitions sont toujours dangereuses, mortelles. Le dernier accident est lié à une grenade au phosphore qui a blessé une personne le 27 août 2013 et ce récent article du Courrier picard rappelle le risque toujours présent.

Déjà à l'époque, en plus d'être mortelles contre l'ennemi (c'est l'objectif initial), les grenades françaises furent un vrai problème pour les combattants. Voici quelques exemples trouvés dans les JMO qui nous permettent de constater l'ampleur du danger, tout au long du conflit, avec les différents modèles adoptés et dans des circonstances forts variables.


  • Au front, à l'entraînement :

Les pertes dans ces conditions reviennent assez régulièrement dans les JMO. Le contexte est souvent le même : séance d'entraînement et explosion prématurée ou accidentelle de la grenade. Ces séances étant encadrées par des sous-officiers voire des officiers, on trouve fréquemment des gradés parmi les victimes.

Ces explosions se sont produites dès la fin de l'année 1914 lors d'expérimentations d'une grenade anglaise Marten Hale : ce fut le cas pour le commandant du 1er bataillon du 100e RI, dont le nom n'est pas mentionné dans le JMO (capitaine Do ? Capitaine Graverol ?), vue 12/73.



« 7 novembre 1914. Dans la nuit du 6 au 7, vers 1h30, le Lt apprend que le Cdt du 1er bataillon vient d'être blessé par l'éclatement prématuré d'une grenade "Marten Hale" qu'il expérimente. »



Autre modèle anglais, la grenade Mills semble avoir été plus fiable que la Marten Hale, mais provoqua aussi des accidents. Voici deux exemples datés de novembre 1916 au 331e RI. Vue 38/42.



« 17 novembre :
Au cours d'un exercice de lancement de grenades, une grenade Mills éclatant prématurément occasionna les pertes suivantes :
blessés : s/lieutenant Guellard
id° légèrement Lieutenant de Beaulaincourt
(...)
20 novembre :
Un nouvel accident du à l'éclatement prématuré d'une grenade Mills a mis hors de combat 2 officiers 3 hommes
Officiers
Tué s/Lieutenant Simon
Blessé s/Lieutenant Spinasse
Troupe : 3 hommes blessés »



Le JMO du service de santé du régiment mentionne également ces accidents, mais en ajoute un autre, le 9 novembre (trois hommes blessés et un sous-officier légèrement blessé non évacué).

Aussi précis le JMO du 3e BCP soit-il, il ne mentionne ni le type de grenade, ni l'identité des victimes de cet accident. JMO 3e BCP, vue 62. 



« 28 avril 1916 :
(...)
10h Accident dans un exercice de grenades, tuant deux chasseurs, blessant un aspirant, un sergent, un caporal et deux chasseurs.
(...)
29 avril :
8h Enterrement des deux chasseurs tués accidentellement la veille. »



D'autres sont plus précis : voici l'exemple d'une série d'accidents de grenades au 42ème BCP alors qu'il se trouve depuis le 22 septembre 1916 au camp 54, à Morcourt dans la Somme, afin de compléter ses effectifs et s'entraîner. JMO 42ème BCP, vue 93.

 


« 3 octobre 1916
(...)
Au cours d'un exercice de lancement de grenades les chasseurs
7° Cie Folkmann 2° cl  Blessé
"         Guillesson     "     Blessé
sont blessés par un éclatement prématuré.
Le chasseur Guillesson meurt des suites de ses blessures.
4 octobre 1916
(...)
Par suite de la maladresse d'un grenadier qui laisse tomber une grenade amorcée le Bataillon perd :
8° Cie  Barault   Adt-chef  Blessé
   "       Micheloti 2° cl        Blessé
5 octobre 1916
(...)
Un nouvel éclatement prématuré de grenade fait subir au Bataillon les pertes suivantes :
Capne Léandri     Commt la 7° Cie   Blessé
7° Cie  Baron       Sergent                 Blessé
7° Cie  Forestier  Caporal                 Blessé
Le sergent et le caporal meurent des suites de leurs blessures.
6 octobre
Le Bataillon quitte le camp 54 [...]. »



Les fiches MDH des trois hommes décédés n'ont pas été trouvées. Par contre, détail intéressant, la blessure du capitaine Léandri figure dans ses états de service comme l'atteste cet extrait de son dossier de la Légion d'honneur :



  • La grenade PI 1915, une grenade dangereuse :

La grenade PI 1915 fut une tentative industrielle pour équiper l'armée française de grenades dignes de ce nom. Force est de constater que son usage et surtout son mode de fonctionnement ne donnèrent guère satisfaction. Le transport et son utilisation étaient délicats comme on peut le constater dans le JMO du 21e RI, vue 58. 
8 mars 1916, Verdun.



« A signaler vers 22 heures un accident de grenades assez grave. Une corvée du 149e RI apporte au PC du 3e Bataillon (pont de chemin de fer Nord de la Mare de Vaux) un approvisionnement de grenades disposées en vrac dans des sacs à terre. Un sac déposé à terre un peu trop brusquement fait explosion, une partie des autres sacs saute aussi, il y a une trentaine de blessés en majorité du 149e et du 409e. »



Les problèmes avec ces grenades ne s'arrêtaient pas au transport. Le lendemain du première accident se produisit ce second :



« 9 mars. À signaler vers 7 heures un nouvel accident de grenades. Dans la nuit des grenades en sac ont été apportées près de l'abri (70-3-33-6) vers 6 heures du matin, pour éviter qu'un éclat d'obus ne fasse exploser ces grenades, le Lt colonel Lecoanet donne l'ordre de les rentrer dans l'abri. Vers 7 heures un homme accroche avec un pied un sac de grenades qui fait explosion. Le lt colonel Lecoanet est blessé ainsi que le commandant Normand, le Capitaine de Cuverville et plusieurs sous-officiers et soldats. Le commandant Sermarse prend le commandement du régiment.
Les grenades cause des deux accidents sont du modèle P.I. 1915. Elles n'auraient jamais dû être transportées en vrac car le frottement des unes contre les autres a usé les ficelles qui se sont rompues et elles se sont armées toutes seules et au moindre choc ont fait explosion. Ces grenades doivent être transportées en caisse et calées avec du papier ou de la paille. »





En à peine 24 heures, deux accidents dus au même type de grenade, dangereux à manipuler pour les soldats français, peu fiable dans son fonctionnement et à l'efficacité toute relative au combat...

Tout est dit dans ce JMO sur la dangerosité dès l'époque de leur fabrication de ces engins. Cette illustration extraite du site de Bernard Plumier montre la grenade PI 1915 et la fameuse ficelle.



  • La grenade Aasen

La grenade Aasen est connue grâce à cette photographie. Souvent utilisée pour illustrer les nettoyeurs de tranchées, elle semble être plutôt une belle photographie posée en 1915 pour montrer un équipement « à la pointe » (cervelière, protection du corps, grenades...) pour des coups de main.



Elle donna pourtant de piètres résultats, dans le camp français comme dans le camp allemand (elle était vendue aux belligérants par l'entreprise danoise qui les fabriquait). En voici un exemple extrait du JMO du 235e RI (vue 20/57) :



« 14 avril 1915. Accident. Un grave accident se produit vers 16 heures au poste de la Cuvette, par suite de l’explosion d’une grenade. Quelques soldats grenadiers étaient occupés à désamorcer des grenades Aasen ; l’un d’eux, le soldat Maréchal, secoua un peu trop fort l’une des grenades qu’il n’arrivait pas à dévisser. Elle lui éclata entre les mains, atteignant 7 hommes, le caporal Mazières, les soldats Maréchal et Galliot, grenadiers, l’adjudant Beauville, les soldats Weill et Gay, du service de défense du poste, et enfin le téléphoniste Mesnon.
Maréchal, Weill et le caporal Mazières étaient le plus gravement atteints ; Maréchal est décédé le lendemain à l’ambulance 2 de Bellemagny.
L’ennemi s’étant rendu compte qu’il s’était produit un incident à la Cuvette, l’a copieusement bombardée à coups de 77, mais sans aucune perte. »



  • En première ligne :

Il arrive que les informations du JMO soient recoupées par un autre (voire plusieurs autres) JMO. Mais plus intéressant encore, c'est pouvoir réaliser un recoupement entre les informations, somme toute factuelles, du JMO et un témoignage. En voici un exemple à l'aide d'un extrait d'Ambroise Harel, Mémoire d'un poilu breton, Rennes, éditions Ouest France, 2013 (1ère édition : 1921).

Le JMO du 233e RI, vue 63/71 :


« 6 novembre 1916 : Journée calme. Artilleries très faibles.

Pertes : 1 S/officier blessé par balle. 2 caporaux et 3 hommes blessés accidentellement par éclatement d'une grenade française pendant la pose de fil de fer devant un petit poste.

Le JMO donne ensuite l'identité des blessés : caporal Dassonville Georges et Glorian Léon, soldats Sanson Lucien, Suzanne Armand et Desbonnet Jean-Baptiste. »



Le témoignage, pages 156-157 :


« Bien qu'ayant demandé à retourner à la 22e compagnie, je fus affecté à la 21e. Elle avait eu la veille quatre hommes blessés dont trois caporaux et un sergent, dans des circonstances particulières. Une équipe s'en allait la nuit poser des fils de fer barbelés en avant d'un de nos postes d'écoute. Sur le parapet du poste se trouvaient, comme toujours, des grenades préparées, c'est-à-dire placées à la portée de main des veilleurs et ayant le bouchon allumeur dégagé du bouchon de sûreté. Or, la neige était tombée et recouvrait ces grenades, les gardiens du poste, avec l'alternative des relèves, les ignoraient, si bien que le premier qui escalada le poste en fit dégringoler une au fond, qui éclata, blessant les quatre hommes qui venaient à sa suite. »



On note une différence dans les détails (le soldat a utilisé des ouï-dire), mais aussi des éléments complémentaires pour comprendre ce qui se passa.


  • Au repos, dans des utilisations étonnantes :

L'exemple qui suit n'est pas unique : des hommes blessés par des éclats d'une grenade alors qu'ils pêchaient à la grenade ! Extrait du JMO du 217e RI, vue 107/111.



« 23 juillet 1916

Un accident survenu vers 19 heures au soldat Delcher - Jean-Marie 21ème compagnie - tué par éclat prématuré d'une grenade en pêchant dans le ruisseau de Belrain à Belrain.

Un blessé sérieux évacué sur Bar le Duc Bonhour Jean-Marie - 21ème compagnie - "Plaies par éclats de grenade de la paroi abdominale et de la partie inférieure de la cuisse gauche"

Un blessé léger Chaudagne - 21ème compagnie, 217ème - Blessure insignifiante de la face.

Cet accident n'est pas imputable au service. Rapport en double exemplaire fourni au Mm Dre de la 71ème Division le 24 juillet 1916 »



Malgré l'indication d'une mort liée à une blessure non imputable au service, le soldat Delcher fut considéré comme Mort pour la France :


Autre exemple, extrait du JMO du service de santé de la 157e DI. Cette mention figure en marge du JMO, vue 48/65.
On ne trouve pas d'indication identique dans le JMO du 32e BCP où la mort d'un chasseur est indiquée mais sans précision des causes.



« Pêche à la grenade. Des soldats se livrent à la pêche en se servant de grenades et en asséchant les petits cours d’eau pour se procurer plus aisément du poisson. Un chasseur du 32e bataillon est retrouvé noyé dans la Doller, ayant la main droite amputée et de multiples éclats sur tout le corps. »



  • A l'arrière, loin du front :

Cet accident n'aurait pas dû avoir lieu : les soldats devaient laisser leur armement en partant en permission. La tentation était grande de ramener un souvenir. Cet article publié dans le journal Le Figaro du 5 janvier 1916, page 5, nous raconte l'accident. Source : Gallica



« Tué par l'explosion d'une grenade.
Le soldat permissionnaire Louis Laroche du 20e bataillon du génie avait rapporté du front une grenade chargée et amorcée. Hier matin, comme il montrait cet engin à une voisine, Mme Augustine Leroy, à son domicile, 25 rue Myrrha, il en provoqua accidentellement l'explosion.
La malheureux soldat fut tué sur le coup. Mme Lery, très gravement blessée aux jambes, dut être hospitalisée d'urgence à l'hôpital Lariboisière.
A propos de cet accident, la Préfecture de police nous prie de rappeler au public que le Laboratoire municipal se charge de l'enlèvement de tout engin suspect qui lui est signalé. »



Le sapeur 2e classe de la compagnie 20/1T, mort à 43 ans, n'a pas eu droit à la mention Mort pour la France.


  • Au cours du transport :

Déjà abordé avec la grenade PI 1915, ce thème est vu cette fois-ci sous l'angle des troupes non-combattantes chargées du transport de munitions. Ce fut le cas sur la ligne de tramway de la Schlucht et elle concerne les pétards de la IIIe Armée (Source : SHD, cote à venir) :



VIIe ARMEE
COMMANDEMENT DU GENIE
N°3429
SECTEUR POSTAL 85
 
Q.G., le 24 juin 1915
 
Rapport du Lt-Colonel CONNETABLE
Commandant p.i. le Génie de la VIIe Armée
au sujet de l’emploi des pétards à manche et des grenades de Béthune
 
L’emploi des pétards de la IIIe Armée par les troupes de la VIIe Armée ont donné lieu à certaines critiques. Tout d’abord deux explosions spontanées se sont produites au cours des transports et manipulations ; l’une d’elles a causé la destruction d’une automotrice du tramway de la Schlucht et du matériel qu’elle contenait. Ce genre d’accident est toujours possible dans le maniement des artifices amorcés. D’autre part, l’emploi de ces pétards nécessite avant le lancement une opération préliminaire qui consiste à faire passer le percuteur de son logement d’attente à son logement d’emploi.  
Cette manipulation, bien que fort simple, nécessite une certaine attention qu’il est difficile de fixer dans le feu d’une attaque. Enfin pour opérer la percussion, il est nécessaire d’avoir un corps dur à sa disposition. Cette percussion peut être obtenue, il est vrai, en frappant sur le talon du soulier, mais cette opération, au cours d’une marche à l’ennemi, n’est pas sans difficulté.
[...]



Je n'ai pas trouvé trace dans les autres JMO de cet accident, que ce soit dans les JMO de la VIIe armée ou dans celui de la 3e compagnie du 5 régiment du génie qui s'occupait de l'entretien de la voie.

Les escadrons du train des équipages militaires (ETEM) furent aussi victimes de ces accidents. Ici, en 1918, un fourgon chargé de grenades explose. On en trouve les conséquences dans le JMO de la 1ère compagnie du 15e ETEM, vue 30/31 : détachés au 7e génie 24/21, en service commandé, Denis Valentin, tué par l'explosion d'un chargement de grenades et Goutte Antoine, blessé. Le JMO précise : « 2 mulets tués, 1 fourgon détruit ».



  • Et même après la guerre :
L'armistice est signée, mais les armes sont toujours aussi dangereuses (logique puisqu'encore aujourd'hui il faut rappeler leur dangerosité). C'est une nouvelle fois un transport de munitions qui fait la une du journal Le Petit Parisien du 2 février 1919, Source : Gallica 



Un camion de grenades explose à Epinay


Les deux conducteurs sont tués, un passant grièvement blessé
La banlieue nord, une des plus éprouvées par la guerre, a vécu, hier matin, à nouveau, un moment d'intense émotion, par suite d'un accident grave, qui aurait pu prendre les proportions d'une véritable catastrophe.
Il était sept heures et demie environ. Un convoi, composé de quatre camions militaires, traversait Epinay, en suivant la rue de Paris, lorsqu'une formidable explosion se produisit, ébranlant les maisons, broyant les vitres et mettant en sursaut la ville et le voisinage. C'était un des camions, disait-on, qui, chargé de grenades – toujours les grenades ! - venait de sauter en pleine rue ; il y avait des morts et des blessés. Cette nouvelle, lancée en un clin d'œil par toute la ville, était exacte, malheureusement : car si l'on ne se trouvait pas en présence d'un de ces coups d'épouvante dont on avait gardé le souvenir, l'accident n'en avait pas moins fait trois victimes dont deux morts.
Ces malheureux – les deux conducteurs – avaient été littéralement mis en pièces. On en retrouva, ci et là, les débris informes, projetés jusque dans la boutique voisine. Quant au camion, il n'était plus qu'un amas de ferrailles, où par instants des explosions partielles crépitaient encore. Alentour, toutes les maisons avaient été touchées assez profondément pour la plupart, notamment les immeubles portant les numéros 13, 17, 19, 23, 16, 18 et 20 ; un magasin, celui des établissements économiques de Reims, était presque entièrement détruit.
Le premier moment d'émotion passé, on s'occupa d'identifier les victimes. C'étaient d'abord les deux conducteurs appartenant tous deux au 117e d'artillerie lourde ; Ernest Carlin, vingt-sept ans, domicilié 16, rue Berzélins, à Paris, et l'Algérien Thomas Riéra, vingt-deux ans, engagé volontaire. On comptait, outre un blessé – très grièvement – un pharmacien militaire, René Peltan, vingt-quatre ans, de la 22e section des infirmiers militaires, demeurant à Paris, boulevard Pereire. Le malheureux passait dans la rue au moment où l'explosion se produisit. Un éclat lui enleva la moitié de la face, lui arrachant en outre l'œil gauche. Relevé sans connaissance, il fut transporté à l'hôpital mixte de Saint-Denis.
Quelques instants auparavant, les enfants d'une école voisine avaient traversé la chaussée !...
Il est à remarquer encore que, par suite sans doute de l'intervalle – quarante mètres – qui séparait les voitures, les autres camions n'ont pas été impressionnés par le choc de la déflagration et n'ont pas explosé. Mais les deux conducteurs, affolés au bruit des déflagrations, ayant sauté à terre, laissèrent abandonnée à elle-même leur voiture qui alla défoncer la porte du restaurant de l'hôtel de France, Pecqueur, 5, rue de Paris.
En ce qui touche les causes de l'accident, diverses hypothèses ont été examinées. C'est ainsi qu'on avait cru trouver dans l'échauffement présumé du moteur de la voiture le facteur déterminant. Mais l'enquête menée par l'autorité militaire semble avoir mis définitivement les choses au point, et le fait serait imputable à une négligence. Des renseignements recueillis, il résulte, en effet, qu'au moment du chargement, au dépôt de Sannois, des caisses de grenades sur le camion, on avait pu constater le mauvais état de certains couvercles de ces caisses ; plusieurs, dit-on,étaient défoncés. Ne se trouvant plus, par cela même, exactement maintenues, ayant, comme on dit, du jeu, les grenades, non démunies de leur détonateur, s'étaient choquées... C'est simple, mais c'est très grave.



Un autre article, du Petit journal (même source) cette fois-ci, précise que le convoi de quatre camions se dirigeait vers Villers-Cotterets pour que les engins soient explosés. Le camion détruit portait le numéro 17. Les grenades continuèrent d'exploser pendant une trentaine de minutes et la voiture qui défonça la devanture de l'Hôtel de France était en fait le premier camion du convoi !
Les deux soldats ont eu droit à la mention morts pour la France suite à un accident en service commandé sans que la mention des grenades ne soit visible (on remarque aussi pour le canonnier Riéra l'indication de la mort à l'hôpital, assez surprenante quand on lit l'article de presse). Le soldat grièvement blessé mourut quelques jours plus tard et reçut également la mention de mort pour la France.






  • En guise de conclusion :

Les accidents de grenades, à l'arrière comme au front, à l'entraînement comme lors du transport furent relativement fréquents. Ces accidents sont malgré tout difficile à quantifier à la fois parce que les JMO sont loin de tous les mentionnés et parce que le genre de mort des fiches MDH n'est pas toujours précis. Qui plus est, il est très difficile de retrouver trace des accidents intervenus au cours du combat à proprement parlé, qui n'ont pas dû manquer de se produire.


  • Remerciements :

Cet article est une mise à jour d'un travail publié sur le Forum pages 14-18 en 2009 et complété par plusieurs participants. Grâce à eux, j'ai pu ajouter plusieurs types d'accidents. Qu'ils en soient ici vivement remerciés :

Se Souvenir, Eric Mansuy, Air339, Mike010 et Rutilius. Merci aussi aux autres participants dont je n'ai pas repris les exemples.


  • D'autres exemples dans des sites amis :

- Au 28e RI en juillet 1915, Alfred Pingault, blessé mortellement par un de ses grenades.

- Toujours au 28e RI, autre exemple d'un accident de grenade, en 1916, qui tua Alfred Olmer :

- Au 36e RI en mars 1915, l'accident qui coûta la vie au sergent Lhostis.

- Et pour en savoir plus sur les grenades utilisées au cours du conflit, le site de Bernard Pumier, Passion & Compassion 1914-1918.



  • Sources :

Outre les documents utilisés dont la source est indiquée dans le fil du texte, voici les cotes des JMO, dans l'ordre d'utilisation dans l'article :

JMO du 100e RI, SHD 26N673/16.

JMO du 331e RI, SHD 26N753/6.

JMO du service de santé du 331e RI, SHD 26N753/10.

JMO du 3e BCP, SHD 26N816/3.

JMO du 42e BCP, SHD 26N827/8.

JMO du 21e RI, SHD 26N593/2.

JMO du 235e RI, SHD 26N724/12.

JMO du 233e RI, SHD 26N723/13.

JMO du 217e RI, SHD 26N717/12.

JMO du service de santé de la 157e DI, SHD 26N450/8.





Si vous avez des documents sur ce sujet, n'hésitez pas
à me contacter ou à participer à la discussion sur le Forum Pages 14-18.
Ils permettront d'enrichir l'étude présentée sur cette page.




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Publication de la page : 22 septembre 2013