LE PARCOURS DU COMBATTANT

DE LA GUERRE 1914-1918

AU DETOUR DES JMO (27)
LE 2e BATAILLON DU 262e REGIMENT D'INFANTERIE
UNE UNITE D'ACCOMPAGNEMENT DE CHARS

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Procès verbal de constitution en bataillon autonome du 2e Bataillon du 262e RI

Sous-Intendance de Mailly

N° 1492 du répertoire sur sous-intendant militaire


L'an mil neuf cent dix-huit, le vingt-cinq février, Nous, Demont Fernand, adjoint à l'intendance, chef de la sous-intendance du commandant des Étapes de Mailly.


Vu l'article 1bis du décret du 10 juin 1889, modifié par le décret du 14 février 1905 sur la comptabilité des corps de troupes en campagne.

Vu la note N° 18492 du 16 février 1918 du Général commandant en chef prescrivant la dissolution du 262e Régiment d'infanterie en tant que Régiment et la reconstitution en Bataillons autonomes.

Avons, en présence de M. le chef de bataillon Baudet, commandant le 2e bataillon constaté ce qui suit :

Le 5e bataillon comprenant la 17e, 18e, 19e et CM5 devient bataillon autonome avec la composition suivante : 17e, 18e, 19e et CM, la 20e devant être dissoute ultérieurement.

Il aura la dénomination de 2e bataillon du 262e RI et les compagnies prendront les numéros 1, 2, 3, 4.


1° Officiers

M. Baudet, chef de bataillon, E.M. Du 5e bataillons

M. Marcay, sous-lieutenant, E.M. Venant de la 16e compagnie

M. Rigondet, médecin aide major, EM venant du 5e bataillon

M. Léon, capitaine, 1ère compagnie venant de la 17e compagnie

M. Bonneville, lieutenant, 1ère compagnie venant de la 17e compagnie

M. Jarneux, sous-lieutenant, 1ère compagnie venant de la 17e compagnie

M. Le Toux, capitaine, 2e compagnie venant de la 18e compagnie

M. Desicy, lieutenant, 2e compagnie venant de la 18e compagnie

M. Berthelot, sous-lieutenant, 2e compagnie venant de la 18e compagnie

M. Delhaye, lieutenant, 3e compagnie venant de la 19e compagnie

M. Quéau, lieutenant, 3e compagnie venant de la 19e compagnie

M. Pérès, sous-lieutenant, 3e compagnie venant de la 19e compagnie

M. Le Treis, capitaine, 4e compagnie venant de la C.M. 5

M. Lacroix, lieutenant, 4e compagnie venant de la 19e compagnie

M. Chauvin, sous-lieutenant, 4e compagnie venant de la C.M. 5


2° Troupe

Grades

1ère Cie

2e Cie

3e Cie

4e Cie et EM

Totaux

Adjudants

1

1

1

1

4

Aspirants




1

1

Sergents Majors

1

1

1

2

5

Maréchal des logis




1

1

Sergents

7

7

7

8

29

Caporaux

13

12

12

17

54

Soldats

98

99

99

137

433


120

120

120

167

527


4° Provenance des unités

Voir JMO


5° Animaux

Voir JMO


6° Matériel roulant

Le matériel roulant sera fourni par les soins du GAN.


7° Matériel divers

Les Hommes ont conservé leur tenue de campagne complète avec armes et outils.


8° Bonis

À la date du 25 février 1918, le boni des unités qui est celui des unités correspondantes s'élève à :

1ère Cie : 1368,84 Fr

2e Cie : 1163,31 Fr

3e Cie : 1251,66 Fr

4e Cie : 1538,54 Fr

Boni ayant été constitué par les rapports des Hommes constituant ces unités.

L'Officier de détails du 2e bataillon a reçu de l'Officier payeur du 262e RI à titre d'avance pour lui permettre d'attendre d'avoir perçu ses états de solde, la somme de quatre mille francs portés en recette au registre journal.

Le Chef de bataillon et l'officier de détails, chacun en ce qui le concerne, percevront les frais de service d'indemnités pour frais de bureau, suivant les tarifs des règlements actuellement en vigueur à compter du 25 février 1918.

De tout quoi a été rapporté le présent procès verbal que M. le chef de bataillon Baudet a signé avec nous.

Signé Baudet

Signé : Demont




Grand Quartier Général des Armées du Nord et du Nord-Est

Artillerie d'Assaut

n°2160


GQG le 27 février 1918

Note sur l'Infanterie d'Accompagnement


1° Principes

L'infanterie d'accompagnement a pour mission essentielle d'aider à la progression des chars.

1° A travers nos lignes (travaux préparatoires exécutés avant l'attaque et fixés après reconnaissance par le commandant du groupe après entente avec le commandant, DI généralement).

2° A travers les lignes ennemies (travaux exécutés au cours de l'attaque d'après les directives données par le plan d'emploi du groupe et de la batterie et basés sur la mission des batteries, sur l'étude du terrain et des photographies aériennes).

L'effectif de l'infanterie d'accompagnement est, en général, d'une compagnie par groupe d'A.S. ; cette compagnie détache, en principe, à chaque batterie d'A.S. Unité tactique, une section d'accompagnement, la 4e section reste à la disposition du commandant du groupe qui l'utilise comme section d'accompagnement de l'échelon lourd, hommes de liaison, renfort aux autres sections.

Le groupe d'AS et l'infanterie d'accompagnement forment, aux ordres du commandant du groupe d'AS un ensemble dont l'action intimement et judicieusement coordonnée est la meilleure garantie du succès.


II. Emploi

1° Avant le combat :

La compagnie d'accompagnement établit à travers les lignes amies, chaque fois que les troupes du secteur n'ont pu le faire, les pistes que les chars auront à suivre pour arriver à la tranchée de départ et la franchir.

Ce travail commence aussitôt que les reconnaissances du terrain sont terminées et doit être achevé dans la nuit de J-2 à J-1 au plus tard.

La compagnie prête en outre son aide au groupe pour l'installation des dépôts divers.

2° Au cours du combat :

La compagnie se subdivise en sections d'accompagnement fournissant aux batteries :

a) Groupe d'élite

b) Sections d'accompagnement proprement dit.

a) Groupe d'élite :

Le groupe d'élite, par char, 3 hommes munis de fusils et quelques grenades, suit au plus près l'appareil et relie son équipage au monde extérieur.

A. Mission : En dehors du contact immédiat avec l'ennemi, le groupe d'élite pilote le char à travers les obstacles du terrain, améliore au besoin les passages préparés par la section d'accompagnement et lui apporte son aide pour les dépannages (pannes de terrain).

Au contact avec l'ennemi il surveille le terrain au profit du char, lui signale les résistances qui se dévoilent et assure la liaison avec l'infanterie de l'attaque.

B. Mode d'action : En principe, le groupe d'élite opère de la manière suivante.

1°) Si le char ne participe pas à l'attaque des premières positions, le groupe d'élite se porte en avant en même temps que le char qu'il pilote à travers le terrain sur la piste aménagée par la section d'accompagnement jusqu'au moment où il rejoint l'infanterie d'attaque. Si celle-ci est arrêtée, le groupe d'élite attend avec elle le moment de repartir à l'attaque derrière son char devançant l'infanterie.

Si l'infanterie d'attaque est en progression à travers les lignes ennemies, le groupe d'élite la devance derrière son char et opère comme ci-dessous.

2°) Si le char participe à l'attaque des premières organisations ennemies le groupe d'élite se porte en avant en même temps que le char qui lui sert de bouclier. Il s'efforce de lui indiquer les obstacles à la marche et lui signale les résistances de l'ennemi, si le feu de l'ennemi sur les chars devient très vif, le groupe se terre, laissant avancer son char. Lorsqu'il voit que la résistance ennemie est brisée (panneau d'appel d'infanterie levé) ou lorsqu'il se rend compte que le feu ennemi n'est plus dangereux il se porte à sa place derrière le char, soit en avant de l'infanterie d'attaque soit en même temps qu'elle.

En principe, quand le terrain présente des tranchées successives rapprochées, 200m au moins, le groupe d'élite attend avec l'infanterie d'attaque dans la tranchée que le char ait nettoyé la tranchée suivante ; il rejoint son char à son appel (panneau d'appel d'infanterie levé) en même temps que l'infanterie d'attaque.

Quand le terrain à parcourir présente peu d'obstacles, en particulier lorsque les tranchées ennemies sont espacées, le groupe d'élite se tient derrière le char auquel il signale les résistances ennemies, se terre pendant qu'il les réduit, reprend ensuite sa place au plus tôt derrière son char qu'il tient au courant de la progression de l'infanterie d'attaque.

Si le char suit un boyau pour le nettoyer, le groupe d'élite a intérêt à suivre lui-même ce boyau en se tenant à une distance telle derrière le char qu'il puisse toujours suivre ses mouvements et au besoin lui communiquer rapidement les renseignements utiles. Lorsqu'il est prévu que plusieurs chars doivent utiliser le même point de passage sur une tranchée, les groupes d'élite correspondants à ces chars se tiennent abrités à proximité du point de passage, ils reprennent leur place derrière leur char lorsque celui-ci l'ayant franchi, commence à s'en éloigner.

b) Section d'accompagnement proprement dite :

La section d'accompagnement diminuée du groupe d'élite, progresse avec l'infanterie d'attaque dans la direction générale fixée par le plan d'emploi des chars de la batterie.

A. Mission

La section d'accompagnement effectue conformément aux directives du plan d'emploi les travaux d'aménagement du terrain (franchissement de tranchées, pistes, etc...) destinés à permettre la progression des chars d'attaque ou de ravitaillement à travers les lignes ennemies.

B. Mode d'action

En principe la section d'accompagnement qui a pris place en temps utile dans la parallèle de départ aux côtés de l'infanterie d'attaque, se porte en avant, derrière les premières vagues d'assaut et opère de façon suivante :

1° Si la batterie ne participe pas à l'attaque des premières positions ennemies, le chef de section arrive toujours sur les premières tranchées ennemies avant les chars ; il reconnaît aussitôt le terrain dans la zone fixée, détermine les points de passages à aménager ou autres travaux à effectuer, répartit ses équipes en conséquence sur le terrain et fait surveiller le débouché de la batterie afin de se relier avec elle dès que possible.

Il dirige lui-même l’ensemble des équipes et prend les dispositions utiles pour que même le dernier char de la colonne puisse, le cas échéant, recevoir rapidement l'aide nécessaire ; les équipes aménagent le terrain progressivement jusqu'au contact de l'infanterie.

A partir du moment où les chars ont rejoint l'infanterie d'attaque, les équipes se tiennent en principe avec les deuxièmes vagues, progressent avec elles et ne vont rejoindre la première ligne d'infanterie que lorsqu'il s'agit de préparer un passage pour les chars à hauteur de celle-ci (franchissement d'une tranchée par exemple).

2° Si la batterie participe à l'attaque des premières positions ennemies, la section d'accompagnement partie derrière les deuxièmes vagues d'assaut peut être devancée par les chars presque immédiatement. Les chars brisent la résistance ennemie sur la première tranchée, neutralisant la suivante et ceci fait, font appel à l'infanterie. L'infanterie occupe la première tranchée et s'efforce de progresser, la section d'accompagnement s'avance de même à l'appel d'infanterie fait par le char, son chef détermine les points de franchissement à préparer. Les équipes se mettent au travail en évitant de se faire voir. Dès que le passage est prêt, l'infanterie d'accompagnement l'indique aux chars qui viennent franchir la tranchée au point marqué, s'avancent sur la deuxième tranchée dont il brise la résistance si l'infanterie n'a pu déjà avec ses propres moyens venir l'occuper, s'il y a lieu neutralisent la tranchée suivante ; ceci fait, ils font appel à l'infanterie. L'infanterie d'accompagnement se porte en même temps que l'infanterie d'attaque à cette 2e tranchée pour en préparer le passage et ainsi de suite jusqu'à l'occupation de toutes les tranchées formant la position.

Pour repartir d'un 1er objectif à l'attaque d'un 2e objectif, la section d'accompagnement progresse derrière les 2e vagues d'assaut ; elle se porte en ligne à hauteur de la 1ère vague lorsqu'il s'agit d'aménager le terrain pour les chars (franchissement d'une tranchée, d'un fossé, etc...).

Lorsque l'action des chars est interrompue et que ceux-ci doivent momentanément se replier, la section reste habituellement sur place pour aménager le terrain aussi loin que possible suivant le plan d'emploi des batteries.

Lorsque la mission de la batterie est terminée, la section d'accompagnement se replie sur le point fixé, en se tenant en situation de porter pendant le trajet du retour, le cas échéant, aux chars l'aide indispensable.

La section d'accompagnement proprement dite peut en général former 2 équipes de 6 hommes, très exceptionnellement, lorsque les chars franchissent une position ces équipes préparent les passages successifs par dépassements une équipe reste toujours à proximité de la batterie afin de parer à l'imprévu.

Au cours du combat le chef de section remplace éventuellement par prélèvement sur ses équipes les hommes d'élites mis hors de combat.


C. Liaison :

La liaison de la section d'accompagnement avec le commandant de batterie d'une part, avec le commandant du bataillon d'attaque d'autre part est assurée par un sergent ou un caporal et 2 hommes. Ils sont à la disposition du commandant de la section d'accompagnement qui renseigne le commandant de batterie sur les aménagements effectués, la situation de l'infanterie d'attaque et le cas échéant sur les résistances rencontrées. Ces renseignements sont envoyés verbalement ou par écrit, le plus souvent aux points de passage obligés des chars de la batterie.

Le commandant de la compagnie d'accompagnement se tient en principe avec sa liaison, à côté du commandant du groupe d'A.S.



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Publication de la page : 1er septembre 2013