LE PARCOURS DU COMBATTANT

DE LA GUERRE 1914-1918

Représenter et se représenter la
Première Guerre mondiale par l'écrit

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En mots et en dessins :
- Henri BADETZ, Souvenir de captivité : Alten Grabow 1914-1915. Paris, Éditions Norma, 2014, 61 pages.

J'ai acheté ce livre dont je n'avais entendu parler nulle part, dont je n'avais pas pu feuilleter les pages car l'exemplaire convoité était sous film. Si 2014 a vu la multiplication des publications, il y a eu du bon et du franchement mauvais, à mes yeux : tel cet ouvrage romançant les carnets d'un grand-père qui ne méritait même pas une critique, ayant de toute manière calé dès le premier chapitre. Et puis il y a ces ouvrages qu'on lit avec plaisir du début à la fin, pour lequel on se dit : c'est sans prétention, sans faute de goût, sans erreur et de qualité. Le présent ouvrage appartient à cette dernière catégorie de livres, avec ce plus d'évoquer des éléments qui sont souvent peu connus. Je ne l'ai fermé… qu'une fois terminé.


L'ouvrage s'ouvre sur une biographie complète de l'auteur réalisée par son petit-fils. L'essentiel est là et à la fin de la lecture je ne me suis pas demandé « mais sur ce point, il ne dit rien ! ». Ensuite, on découvre la relation écrite a posteriori par l'auteur de sa courte campagne. De l'active au 49e régiment d'infanterie en 1914, il part vers la Belgique. Il décrit l'accueil de la population, son premier combat, sa blessure, sa capture dès la fin août 1914. Brève campagne mais longue captivité en Allemagne de près de quatre ans et demi. Et l'intérêt principal de l'ouvrage, visible dès la couverture, est là : il a non seulement raconté en des termes simples sa vie dans le camp de prisonniers d'Alten Grabow, mais il l'a aussi dessiné. Le dessin, tout en étant relativement naïf (pour ne pas dire enfantin par certains aspects) est assez précis, en particulier en ce qui concerne les vues d'ensemble ou les baraquements.

L'installation dans des baraquements à chevaux, la journée type, l'intérieur des baraquements, les repas, les colis, les vaccins, le troc, les Russes, la structure du camp… tous ces éléments sont évoqués. Et tout est très clair pour le lecteur. L'humour teinté d'une bonne dose d'ironie, n'est pas absent, en particulier quand il parle des repas du soir composés de « colle » ou de « flotte ». La soupe au son ne devait rien avoir de savoureux.


Une fois qu'il a quitté le deuxième camp où il fut enfermé, Merseburg, il arrête son récit. Sa vie dans une ferme fut plus confortable, de 1916 à 1918. Il ne reprend ses carnets que pour décrire son trajet de retour après sa captivité et les émouvantes retrouvailles avec sa famille (avec laquelle il avait gardé le contact par le courrier dont il mentionne l'importance).


D'une lecture très rapide, mais réellement original, bien réalisé et instructif, cet ouvrage a les qualités qui font qu'il mérite d'être découvert, sans perdre de vue qu'il ne fait que 61 pages.


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Dernière mise à jour de la page : 26 mars 2015.