LE PARCOURS DU COMBATTANT

DE LA GUERRE 1914-1918

Représenter et se représenter la
Première Guerre mondiale par l'écrit

Revenir à la page précédente
Un cavalier devenu fantassin et auteur d'un récit à lire.

-Desaubliaux Robert, La ruée, journal d'un poilu. Paris, éditions des Presses de la Renaissance, 2005 (première édition 1919).

Cet ouvrage raconte le parcours de l'auteur, de son départ de Paris le 31 juillet 1914 à sa blessure à Verdun en mai 1916. Un parcours particulier car il est parti maréchal des logis dans un régiment de cuirassiers pour finir la guerre sous-lieutenant dans un régiment d'infanterie. D'où ce titre qui reflète bien ces deux étapes, d'abord cavalier (« la ruée ») puis fantassin (« journal d'un poilu »).

Le livre s'ouvre sur un aspect peu évoqué dans les témoignages : le départ de la caserne. Il s'agit ici du 11e régiment de cuirassiers qui quitte sa caserne parisienne le 31 juillet. Un homme dit encore « du 50 et la fuite » car ce n'est pas encore la guerre et la classe 1912 devait rentrer chez elle en octobre.
Le départ n'est pas celui montré par la presse et qui a tant marqué les esprits malgré son caractère ponctuel : pas de cris, au contraire une foule silencieuse et un auteur partagé entre deux sentiments ambivalents : la fierté de défendre le pays et sa population et un « déchirement » dans son cœur.

Les longues chevauchées du mois d'août sont narrées dans un style très vivant : on est avec les cavaliers sous la chaleur, dans la poussière, on a soif, on a mal à cause de la cuirasse qui coupe les flancs et les épaules… Les hommes obéissent sans comprendre ce qui se passe, essaient d'imager, attendent vainement une charge.
Les nouvelles, ils en ont enfin le 25 août : « Perin a été aux nouvelles. Il a lu dans Maizeray un Bulletin officiel des communes », page 37. Il a lui même accès à cette source peu après « Un attroupement devant la porte de la mairie [de Mouilly]. Le Bulletin des Communes doit y être affiché. Je me hausse sur les pointes des pieds, pour essayer de déchiffrer les dépêches par-dessus les épaules des curieux ». Ces lectures sont un choc : les hommes apprennent la retraite, la ville de Paris menacée. Parisiens, ils s'inquiètent pour leur famille. La situation fait douter, casse le moral.

Le 2 septembre, le régiment est à proximité de l'Argonne et fait 120 kilomètres dans la journée. Des chevaux meurent d'épuisement. Ensuite, le recul continue, bêtes et hommes sont harassés. Le 6, le capitaine lit l'ordre de Joffre de ne plus reculer. Les troupes repartent vers le nord et avancent, de manière toujours aussi incompréhensible pour les cavaliers. Les repos sont rares, le régiment ne combat pas. On est en tout cas loin de la troupe éclatante ayant quitté Paris. L'auteur en donne une image saisissante page 52 : « Les plaies puantes des chevaux, la crasse qui les blanchit, le fumier et la terre qui leur restent collés sur le poil, la sueur des hommes, qui n'ont pas changé de linge depuis un mois, laissent flotter derrière nous une odeur écœurante ».

Le 21 septembre, il est en reconnaissance et bute contre une barricade allemande, il manque de peu d'être tué. Le combat du cavalier n'est pas, à ce moment, celui du fantassin. Il est en mouvement, il fait des reconnaissances, sa mission finale étant de charger. Le soir est passé à Saint-Mihiel, ville évacuée en urgence face à l'irruption des Allemands le lendemain matin.

Transféré dans le Nord, la guerre change d'aspect. Il participe le 7 octobre à l'attaque d'un village. À cette occasion, il évoque franchement sa peur. En réponse à son camarade Perin qui l'interroge, page 70 : « Je déclare à Perin que je n'ai pas eu peur un seul instant, que je ne pensais qu'à entraîner les hommes… Et cependant, c'était tout de même bien un peu la peur, ce battement de cœur quand j'ai entendu claquer les balles, cette hésitation si grande qu'elle m'engourdissait, c'est cette fascination qui dictait mes gestes… Mais pour rien au monde, je ne voudrais en convenir. En réalité, je n'ai fait que de me laisser entraîner, bien trop surpris et trop curieux pour garder l'autorité sur qui que ce soit. »
C'est là qu'il tue un cavalier allemand, page 71. « Mon premier Boche ! Vraiment cela ne m'a pas fait plus d'émotion que mon premier lapin ».
Il croise le 9 octobre à Neuve-Capelle une longue colonne de jeunes hommes « en âge de porter les armes » évacués par les autorités. Les combats sont de plus en plus fréquents.
Le 16 octobre, la division entre en Belgique. Les combats autour de Poelkappelle sont confus. Il n'est plus question de charge !

Les combats du 22 octobre à proximité de Languemark sont d'une densité assez rare. Desaubliaux raconte en détail les combats à pied de cette journée. Ensuite, le récit est plus espacé : on passe du 26 octobre au 11 novembre. Pour le 24 octobre, l'auteur met en parallèle la lettre, rassurante, envoyée à sa famille, et ce qu'il en est vraiment. C'est un exemple très instructif de l'écart entre le vécu et sa narration.
On passe ensuite du 26 novembre au 12 décembre. Le régiment est à l'arrière et les unités qui le composent vont quatre jours en première ligne, dans les tranchées. Les escadrons occupent les premières lignes du côté de Noordschoote.
Les autobus de ravitaillement en viande fraîche, les camions des grands magasins parisiens sont autant d'anecdotes qui nourrissent le récit, tout comme un échange où des fantassins traitent les cavaliers d'embusqués (page 116).

Le réalisme du récit n'est pas la seule qualité de ce récit. À plusieurs occasions, Desaubliaux utilise des figures de style, des personnifications comme à la page 17 à propos d'un moulin qui « agonise », qui « hurle », qui a « des bras ». Page 105, il utilise l'animalisation, le cavalier devenant un « animal fourbu », « une vieille machine qui grince en tournant ». Page 91, c'est même le fantastique qui est utilisé par l'auteur : « Le vent déroule les flammes des incendies comme des torches qu'on agiterait. Les lueurs découpent, entre les ombres projetées des arbres, les silhouettes des cavaliers qui chevauchent en tourbillon, éclairant par en dessous les pattes des chevaux et laissant les têtes dans l'ombre, illuminant les cuirasses et les sabres. Défilé fantastique d'hommes et de bêtes harnachées de métal ! »

L'année 1915 est éludée jusqu'aux mois de mai et de juin 1915. le régiment s'est éloigné du front. Desaubliaux est écartelé entre son attachement à ses hommes et l'envie d'agir. Il choisit finalement de changer d'arme : il sera sous-lieutenant au 129e RI, affectation choisie pour retrouver un ami de promotion de l'institut agronomique.

Son arrivée dans l'infanterie le met tout de suite face à une autre réalité, celle d'une guerre loin d'être héroïque comme il l'imaginait : la boue, les poux, la nourriture, les combats. Il comprend le décalage entre les communiqués et la réalité. En arrivant, il dresse un portrait édifiant de sa section, pages 141-142 : « Leur aspect : des hommes hirsutes, débraillés, crasseux, boueux, méfiants, des bandits dans leurs capotes ridiculement trop larges ou trop étriquées. Leur âge : indéfinissable ; ils paraissent tous avoir le même. Leurs occupations : la nuit, ils partent en corvée exécuter dans Neuville, ou, en première ligne, des travaux de terrassement ; le jour, ils se blottissent dans des terriers creusés dans les parois du boyau, ils se recroquevillent sur eux-mêmes entre leurs fusils et leur « barda », plantent à l'entrée une toile de tente pour se préserver du soleil ou de la pluie. Ils couchent indifféremment dans la poussière ou dans la boue. Ils grognent toujours. Quand le soleil réchauffe un peu le boyau, ils se mettent tout nus et cherchent leurs poux. (…)
- Celui-là, c'est un toto boche, il a la croix de fer sur le dos. »

Desaubliaux est critique vis-à-vis de ce qui est administratif, des corvées inutiles. À l'occasion d'une corvée en première ligne pour creuser de nouveaux boyaux, il dresse un portrait terrible, page 157 : « À la lueur d'une fusée, j'aperçois un cadavre hideux au sourire immobile, les mains tendues comme pour me retenir auprès de sa putréfaction. Le sol est jonché de bois mort, de moellons, de détritus : choses brisées, calcinées, tordues, noires, informes. La terre a été ébranlée, éventrée, retournée, les maisons englouties, les arbres broyés, les vivants ensevelis, les cadavres déterrés. C'est l'anéantissement ! Maintenant je m'y suis fait, à l'angoissante musique des balles. »

En plus des figures de style, l'auteur utilise sa mémoire des sens pour faire découvrir cette guerre. Les sons sont soigneusement illustrés, parfois d'une manière crue : « j'entends le bruit des pelles qui grattent sur les pierres et quelquefois le coup mat d'une pioche qui crève un cadavre », page 158. Page 167, il décrit un tir d'artillerie : « Notre artillerie tire précipitamment. Tous les coups se confondent en un vaste roulement assourdissant qui domine le tonnerre et les hurlements du vent ». Page 172 enfin, il écrit : « les explosions se succèdent si rapidement qu'elles ne forment plus qu'un seul déchirement formidable et ininterrompu ». C'est un sens que l'on retrouve tout au long de l'ouvrage. Un autre, en plus de la vue, est aussi utilisé : l'odorat. Page 158, « une odeur fétide imprègne nos vêtements. Nous sentons la mort ».

À partir du 21 septembre 1915, il attend avec sa section l'assaut en Artois, sous les bombardements français et allemands, sous la pluie, dans l'angoisse. Il décrit la gouaille, les bravades des hommes en attendant l'heure de sortir pour masquer leur peur. Il observe, décrit ces minutes qui s'égrainent avant l'heure H. Ses descriptions sont très parlantes :
« Nous nous engageons dans les sapes d'approche (…). On ne peut rien voir que les trois ou quatre hommes juste devant et derrière, entre les deux coudes de la sape », page 173. On y découvre aussi l'attente pendant que la première vague attaque. Il doit déplacer sa section, la première vague n'ayant pu prendre la ligne ennemie : « Nous sommes obligés d'escalader un amoncellement de cadavres. Cet amas de chair et d'étoffe est mou. Les sacs à terre des parapets sont effondrés » (page 175). Il est finalement envoyé dans la nouvelle première ligne où il fait la jonction avec le 36e I. S'en suit une nuit de folie ponctuée de contre-attaques allemandes et françaises, de tirs fratricides, d'hommes vivants un instant et morts l'instant d'après, et une déshumanisation liée aux cadavres qui les entourent. Page 189, il décrit : « C'est une boue infecte de détritus, d'urine, de sang, de vieux pansements malaxés » et il continue page 190 « Notre tranchée est devenue un égout et nous restons couchés au fond de l'eau ». Ce sont des heures terribles racontées dans des pages terribles. Puis c'est enfin la relève par le 74e RI, une nouvelle tentative d'attaque. Cet épisode s'achève le 28 septembre.

Arrivé au repos, il compte les hommes de sa section : 12 au lieu des 35 partis quelques jours plus tôt. Des bleuets de la classe 1915 arrivent en renfort, ce qui fait dire à un vétéran « si c'est pas malheureux, des gosses comme ça, en faire de la chair à canon… et tout ça, pour les communiqués… pour que tous les embusqués dorment tranquilles, pour que les députés puissent gueuler qu'ils ont sauvé la France ! » page 192.
Lors d'un nouveau passage en première ligne, Desaubliaux est projeté à plusieurs mètres par une explosion d'obus puis enseveli dans un gourbi avec d'autres hommes dans une situation particulièrement horrible, un bras prisonnier sous le corps d'un homme qui meurt étouffé. Fortement contusionné, il est évacué quelques jours, ce qui lui permet de prendre un peu de recul sur tout ce qui vient de se passer. Que ce soit les discussions avec les soldats ou dans les lettres envoyées à sa famille, page 206 : « Hélas ! Voilà que je parle comme les journaux, comme nous parlerons tous dans nos lettres, comme me parlait sur la charrette le petit soldat blessé (...) ». Pourtant, quelques pages auparavant, il a décrit dans une litanie horrible ce qu'il voit, ce qu'il vit (pages 197, 198).

Les pages sur le secteur de Frise dans la Somme sont terribles. L'incompréhension face à ce qui se passe, le maelström du bombardement (pendant lequel il est une fois encore enterré vivant) donnent de nouvelles pages particulièrement terribles. Il se retrouve finalement isolé 800 mètres devant les nouvelles lignes françaises avec ce qui reste de sa section. Revenu dans les lignes françaises il est placé dans une sape, et doit se plaquer dans des niches dans les murs pour laisser passer une corvée de grenades de territoriaux. Un obus perce le plafond et explose dans les grenades, touchant tous les hommes présents, sauf les trois mitrailleurs plaqués dans les niches ! Dantesque.

Comme à de nombreuses occasions, Desaubliaux explique alors ce qu'il fait, l'attitude qu'il montre aux hommes, donnant à voir l'image qu'il veut donner dans ces circonstances, ce que font très rarement les auteurs, y compris les officiers. « Ma pauvre section ! La voilà démolie ! Mais ce n'est pas le moment de s'attendrir ; je réussis à donner mes ordres d'une voix ferme. C'est une comédie de sang-froid que je joue devant mes hommes. Suis-je à ce point comédien ! », page 252.
Et il y a le retour puis les officiers abattus par tant de pertes, les hommes épuisés qui attendant le pinard, devisent sur la paix, les Boches…

Le dernier chapitre suit Desaubliaux à Verdun. Alors que les pages sur l'Artois et la Somme sont empreintes d'une horreur omniprésente, le titre de la première partie est « La montée au calvaire ». Verdun fut donc pire encore.
Il y a d'abord l'approche de Verdun, page 267 : « Là-bas, la scène où se déroule le drame ; ici les coulisses où les figurants défilent ». Page 270 : « Verdun ! brasier géant où notre régiment va être jeté après tant d'autres pour y flamber comme une brassée de bois sec ».
Pour la première fois Desaubliaux indique clairement qu'il regrette son choix d'être venu dans l'infanterie. Lui qui était prêt au sacrifice suprême, écrit « Non, non, pas moi, je ne veux pas mourir ! ».

Il narre ces douze jours en ligne à Verdun en avril 1916, dont dix en première ligne dans un secteur qu'il tient seul au début, les combats de nuit, les bombardements, le manque d'eau, de sommeil, l'épuisement physique mais la volonté de tenir, puis, malgré tout, arriver au point de ralliement après tant d'efforts et de fatigues. Une relève qui s'achève et qui est vue comme une résurrection. Il achève cette partie par un vibrant hommage aux combattants de Verdun qui ont connu cette expérience indicible. Cette horreur a duré dix jours quand la lecture de son récit ne prend que trente minutes !
Une fois de plus, il montre toute l'importance de l'attitude de l'officier dans ces conditions paroxystiques, qui n'est encore qu'une façade. Il admet avoir un léger tremblement nerveux des mains qu'il n'arrive pas à contrôler.

Il dit bien peu de la période qui suit ce premier engagement à Verdun. Au cours du trajet de relève pour le second engagement du 129e RI à Verdun, il est blessé grièvement pas l'explosion d'un obus. En ralliant le poste de secours, il n'en peut plus, il n'a plus de force physique mais il a ces mots, et ce sont les derniers de l'ouvrage : « Je veux vivre !... », bien loin de l'idée qu'il se faisait du sacrifice avant son arrivée dans l'infanterie.

  • Un ouvrage ponctué de plusieurs thèmes transversaux :


Un fil rouge apparaît tout au long du livre : sa vision de la guerre et son sacrifice. Au début de la guerre, il attend de charger, prêt à mourir pour son pays. Il enrage de ne pas participer plus aux combats, d'où sa décision de rejoindre l'infanterie. Au moment des combats d'Artois, il explique à un autre officier qu'il préfère être tué que de survivre mutilé et écrit « Mais je pense en moi-même que si j'en avais le choix, je serais rudement embarrassé ».

Autre fil rouge, son christianisme. Il narre plusieurs sermons de messes auxquels il assiste. Ici également, on perçoit une évolution dans son positionnement. Il est un croyant prêt au sacrifice de sa vie dans la mesure où de toute manière il n'est pas maître de son destin. Il l'écrit d'ailleurs très clairement à sa famille. Mais ces allusions à la religion s'estompent au fil du récit, au point de ne plus être que ponctuelles.

Tout au long de l'ouvrage, on trouve aussi de nombreuses références aux morts. Et force est de constater qu'il fait le plus souvent mention d'une vision très particulière de la mort. Son détachement face au premier homme qu'il vient de tuer (voir supra), mais aussi de très nombreuses mentions sont teintées d'une ironie, voire d'un cynisme violent. Mais de la même manière qu'il décrit la bravade de ses hommes avant de monter en ligne, ne s'agit-il pas d'une manière d'accentuer l'horreur de ce qu'il vit ? Faut-il y voir une si grande déshumanisation chez l'auteur et ses camarades ? Une manière de se protéger par un humour noir ?
Il est fort difficile de répondre car Desaubliaux le montre très bien : le discours n'est pas toujours fidèle au ressenti réel. Peut-être est-ce la cas ? En effet, les blancs sont tout de même nombreux. Son trouble, il en parle, on le devine, par exemple lorsqu'il voit son ami Lefebvre passer devant lui, blessé grièvement à la tête. Il parle à plusieurs occasions de l'effondrement moral après les combats, le sien comme celui d'autres officiers.

  • En guise de conclusion :


Un livre original en raison du parcours de son auteur, d'abord sous-officier dans la cavalerie puis officier dans l'infanterie. On lit donc différents aspects du conflit : l'attente de la charge sabre au clair, la reconnaissance de cavalerie, le combat à pied des cavaliers ; les travaux de terrassement, l'attaque, la défense, l'horreur de la guerre de tranchée, les bombardements. On suit également les combats menés par une section de mitrailleurs.

On y découvre la vision de Robert Desaubliaux de sa guerre, son christianisme parfois mis à mal par ce qu'il vit mais qui est toujours présent, son sacrifice consenti qui devient une volonté farouche de vivre. C'est aussi un voyage dans l'enfer des combats de septembre 1915 en Artois, de février 1916 dans la Somme et d'avril 1916 à Verdun. Le tout, raconté magistralement, est empreint d'une profonde humanité et d'une richesse d'écriture réelle, sans jamais rien cacher de la réalité. Au contraire, on y est confronté à l'image que les combattants voulaient donner aux autres comme à leur famille ainsi qu'à ce que ressentait vraiment cet homme, même s'il est loin d'avoir tout dit.




Revenir à la page précédente

Mise en ligne de la page : 15 octobre 2014.