LE PARCOURS DU COMBATTANT

DE LA GUERRE 1914-1918

Représenter et se représenter la
Première Guerre mondiale par l'écrit

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Entre souvenirs et histoire d'une mémoire :

- FABER André, Tous les grands-pères sont poilus. Paris, éditions François Bourin, 2014. 27 pages.

Ce tout petit livre aborde un sujet rarement évoqué dans la littérature : les souvenirs du grand-père. Mais ces souvenirs ne sont pas utilisés pour faire l'histoire du parcours du grand-père.
Ils servent surtout à l'auteur à évoquer des souvenirs d'enfance, à sa manière.

Le récit est volontairement décousu, passant d’un récit de guerre exclusivement centré sur la période de Verdun en juin 1916 au présent de l'enfant. C'est un moyen efficace de montrer la prégnance de la guerre dans la vie de ce grand-père. C’est d’ailleurs un passage d’abord un peu difficile à comprendre puis qui se fait tout seul. Ce qui fait le charme de ce petit ouvrage, c’est son style très enlevé et la précision des souvenirs d’enfance qui nous font entrer dans cette courte période avec ce grand-père jamais vraiment revenu de « sa guerre ».
C’est cette originalité qui rend aussi ce petit texte très intéressant, nous rappelant que si dans certaines familles le sujet était tabou ou tut, dans d’autres les souvenirs du grand-père étaient vus comme une gène mais que les enfants aiment savoir. Ils sont curieux mais la vie reprend très vite, loin du récit de cette époque qui a tant marqué le grand-père.
Difficile par contre de savoir ce qui est du roman, ce qui est une reprise de souvenirs. L’auteur n’aide pas à cette distinction, y compris dans les quelques interviews trouvées sur le net. Si on comprend évidemment qu’il y a les exagérations classiques du récit reconstruit après coup (le grand-père est soi-disant à l’origine de la tranchée des baïonnettes ! ), les autres parties du récit concernant cette période à Verdun sont très bien écrites. Soit elles sont nourries de souvenirs, soit il s’agit d’un travail d’écriture. Dans ce dernier cas, il est fort réussi, évitant les exagérations et la maladresses classiques à un siècle de distance qui trahissent bien souvent la plume d’auteurs actuels.
L’auteur est dessinateur et on lui doit probablement la couverture originale de l’ouvrage.

Mélange de souvenirs d’enfance et de souvenirs d’un grand-père ancien de Verdun, ce petit opuscule est à découvrir.



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Mise en ligne de la page : 17 novembre 2017.