LE PARCOURS DU COMBATTANT

DE LA GUERRE 1914-1918

Représenter et se représenter la
Première Guerre mondiale par l'écrit

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De riches archives :
-CARIOU M., SCHLEEF Y. (dir), Aux sources de la Grande Guerre, histoires inédites à travers les archives privées du Finistère, Loperec, éditions Locus Solus, 2014.

Le Centenaire a été une période d'effervescence aux Archives départementales. Un grand nombre a fait numériser et a mis en ligne dans les années précédentes et en 2014 les registres matricules, sources si importantes pour le grand public comme pour les chercheurs. Le travail d'exposition a aussi été intense dans un très grand nombre de départements. Parallèlement, un gros travail de rédaction a été réalisé, aboutissant à plusieurs dizaines de publications. Difficile alors de faire sortir son ouvrage du lot car, à la base les sources sont assez semblables (série R, série M, série J, série Fi). Mais force est de constater que ce soit au niveau des expositions ou des publications, chacune a cherché à aborder le sujet de manière propre (« Étrangers en Sarthe et Sarthois à l'étranger » pour ne prendre que cet exemple). Le résultat de la grande collecte a aussi beaucoup aidé à travailler sur de la matière inédite et extrêmement riche. Ainsi, les Archives départementales du Finistère ont axé leur travail sur les archives privées, aidées par d'autres services d'archives du département (archives diocésaines et municipales).


Le choix réalisé par les auteurs est simple : essayer, au travers de documents, d'aborder de grands thèmes liés au conflit, évoquer le front principalement mais aussi les familles à l'arrière. Pour rendre la lecture simple (sans être simpliste), chaque témoignage développe un thème et un seul. Chaque témoignage se compose comme dans l'exemple ci-dessous : une présentation du document expliquant l'essentiel, une transcription et sur la droite le document. Cette présentation varie en fonction du nombre d'illustrations et de la taille du document.


Le tout est classé chronologiquement et donne un aperçu vraiment riche du conflit, sans être exhaustif. Une liste des histoires permet de donner une bonne idée du contenu et des thèmes abordés.


1914 :

- Face au feu (lettre)

- De Brest à la Marne (lettre)

- À Brest après 5 mois de guerre (journal intime avec photographies)

1915 :

- Un rescapé du Bouvet témoigne (lettre)

- Prêtre, artiste et soldat : l'abbé Jean-Marie Conseil (lettre et dessins)

- Mort au créneau (lettre)

1916 :

- De Salonique aux vallées de la Macédoine (carte postale)

- Raymond Brière ou le destin tragique d'un enfant de Kerbernez (lettre)

- L'anticléricalisme en campagne (lettre)

1917 :

- Solidarité des Finistériens avec les territoires sinistrés (lettre)

- Le sort incertain des disparus (courrier officiel)

- Un lien entre le front et l'arrière : filleuls et marraines de guerre (lettre)

- Déluge de feu (ordre écrit)

- Le souvenir dans du bois (objet)

1918 :

- Lorsqu'un ami tombe au combat (lettre)

- Miraculé (carte postale)

Après-guerre :

- La pieuse célébration du retour (compte et objet)

- L'écho des camps (fiche)

- Une chanson pour décrire l'horreur (manuscrit)

- Un livre d'or pour commémorer l'engagement des notaires (fiche)

- Une adolescente face à la guerre (récit)

- Les fleurs du souvenir (lettre)

- Portrait d'un poilu (bas-relief)


La mise en page et le travail de présentation et d'explication rendent la lecture agréable. Le livre permet de découvrir de très belles pièces, des ressources exhumées à l'occasion du centenaire et qui méritent d'être découvertes (je pense en particulier au journal intime d'une infirmière qui est d'une richesse incroyable avec ses photographies, où le nom de tous les blessés est noté, blessés que l'on retrouve dans les notes de cette femme).

Tout au plus ai-je pu noter quelques erreurs dans les légendes des illustrations page 19 (les légendes de cartes postales ont été reprises bien que fausses) et page 100 (il ne s'agit pas des premiers masques à gaz utilisés par les Français). Je ne suis pas convaincu non plus par la couverture qui sacrifie au soldat colorisé. Finalement, pourquoi avoir utilisé quelques extraits du journal le Miroir et des photographies stéréoscopiques vendues à l'époque en masse quand on voit la richesse des sources utilisées : l'utilisation de documents locaux n'aurait-elle pas pu être privilégiée ? Même si je comprends que ces documents proviennent aussi de dons liés à la grande collecte.


  • En guise de conclusion :


Quand on voit les très beaux documents intégrés dans ce livre et issus du seul département du Finistère, on ne peut, une fois encore, que louer l'initiative de la grande collecte. Il est logique que ces fonds nouveaux aient été exploités. Reste à savoir si tous les départements, et les Archives départementales en particulier, ont su ou sauront d'ici 2018 en faire un aussi bon usage que le Finistère avec ce livre.



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Publication de la page : 18 décembre 2015