LE PARCOURS DU COMBATTANT

DE LA GUERRE 1914-1918

Représenter et se représenter la
Première Guerre mondiale par l'écrit

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Une source exceptionnelle pour découvrir un fait méconnu  :

- LE GOÏC Matthieu, Haches de guerre, les bûcherons canadiens dans les forêts normandes (1916-1919), Alençon, Éditions du Conseil général de l'Orne, 2010.


Combien de livres voient leur auteur utiliser le qualificatif 'd'oublié » pour présenter leur travail. Le terme est flatteur pour l'auteur : il a découvert un sujet « oublié », « caché » voire « tabou » concernant le conflit. Argument qu'un éditeur peut imaginer vendeur. Pourtant, ces sujets « oubliés » sont rares. Une littérature existe souvent au niveau local, voire dans des publications universitaires. Mais l'auteur n'y a pas eu accès ou n'a pas fait les démarches pour savoir. Cette longue présentation est là pour arriver à l'idée que le catalogue d'exposition présenté sur cette page traite effectivement d'un aspect sinon oublié, mais pour le moins méconnu de la Grande Guerre. Pourtant, la quatrième de couverture n'use pas de ce vocable et présente de manière très modeste cet ouvrage qui mérite réellement d'être découvert.

En effet, plus qu'un catalogue, c'est une véritable histoire du sujet qui est mise à notre disposition. Les recherches ont été très poussées, à la fois en ce qui concerne la mise en place et l'organisation des compagnies de bûcherons canadiens, mais aussi sur l'exploitation des forêts normandes par l'une d'elles.
La recherche iconographique n'est pas en reste, elle est même exceptionnelle ! Et le mot n'est pas choisi au hasard. La richesse de l'ouvrage repose sur un fond de plaques de verre prises par Paul Lancre. Un fond inestimable par ce que parmi les 15 000 plaques prises par cet homme, on trouve une série montrant toutes les étapes, les installations de ces Canadiens lorsqu'ils travaillèrent autour de son village. Des photographies légendées avec une telle rigueur, une telle minutie qu'elles permettent à la fois de savoir quelles sont les étapes du travail visible, leur localisation, mais, et c'est extraordinaire à voir, un portrait nominatif de tous les hommes de cette compagnie.
Une recherche historique sur cette structure est bien développée (avec cartes, chronologie, iconographie, explications), un fond photographique unique, mais l'équipe des Archives départementales ne s'est pas arrêtée là : elle a ajouté une étude des tableaux d'Alfred James Munning qui a suivi et peint ces Canadiens, des documents administratifs et iconographiques provenant d'autres prêteurs privés et des divers fonds publics ayant participé à l'exposition.  

Le tout, malgré un sujet qui pourrait paraître technique, voire austère, est bien au contraire facile à lire et très agréable à regarder. Les photographies sont imprimées dans un grand format qui permet vraiment d'en apprécier tous les détails, la richesse humaine (ces pages de groupes ou ces portraits individuels de tous les hommes sont impressionnants), richesse technique, détails sur les événements inhérents à cette présence en font un très bon exemple de ce que le travail des services des archives départementales peut donner de meilleur, sans se contenter d'un visuel et de l'utilisation d'un fond exceptionnel.

Je n'ai qu'une chose à ajouter en guise de conclusion. Les Archives départementales de l'Orne ont réalisé une exposition à l'occasion du centenaire reposant sur le fond Paul Lancre. Elle concerne un village dans la Grande Guerre. J'attends avec une réelle impatience la publication de son catalogue.


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Dernière mise à jour : 14 décembre 2014.